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Déclaration d’Émilie Cariou suite aux évènements du 24 Novembre

Nous sortons d’un Week-End de colère et parfois d’affrontements. Depuis une semaine, je parle avec les français qui s’expriment avec les « gilets jaunes ». Et je vois en premier lieu dans ce mouvement le désespoir et la colère issus de 40 années de désindustrialisation, de désertification rurale et de crise économique.
Je ne suis pas de ceux qui stigmatisent ce mouvement. Bien sûr je condamne les extrêmes qui tentent de manipuler le mouvement spontané auquel adhèrent des français de tous bords. Je condamne les violences qui se sont déroulées hier aux Champs Elysées et qui ont occasionné d’importants dégâts. Je salue d’ailleurs le sang-froid des forces de l’ordre pour maintenir la sécurité de chacun.
En revanche, toutes les personnes qui adhèrent directement ou indirectement à ce mouvement ne sont pas des extrémistes, ou des casseurs. Ce sont nos concitoyens, qui travaillent ou sont retraités, et qui ont subi de plein fouet l’envolée des prix de l’essence à la pompe.
Les départements qui ont connu la plus forte mobilisation sont les départements ruraux, avec un faible revenu par habitant. C’est bien le signe que nous vivons une expression des classes moyennes et des classes populaires qui luttent au quotidien pour avoir un niveau de vie acceptable.
Nous députés LREM, issus de la société civile, nous devons entendre ce désarroi.
Le prix du carburant a été le déclencheur d’une colère générée par la crise économique durable que nous avons connue à l’issue des trente glorieuses.
Notre programme a pour but de lutter contre les conditions profondes de cette crise économique, de lutter contre le chômage de masse, de re-dynamiser notre économie, de mieux former nos jeunes pour qu’ils trouvent des emplois et puissent s’épanouir dans une vie professionnelle choisie et non subie. Nous avons aussi la responsabilité de ne pas augmenter la dette qui ne peut que plomber les conditions de vie de nos enfants si nous continuons à l’augmenter.
C’est sur ce programme que nous avons fait campagne. Et les premiers chiffres économiques de l’investissement en France et des créations d’emplois industriels montrent que la France est bien en phase de croissance, mais ce mouvement est trop lent.
Quant à la trajectoire carbone et au niveau de taxation des carburants, ils ont été fixés depuis plus d’un an. Depuis le 1er janvier, il n’y a pas eu d’augmentation de taux de taxe, mais le cours du baril a augmenté très fortement.
Nous devons entendre les difficultés que ces augmentations engendrent. Il nous faut maintenant mettre les industriels devant leurs responsabilités pour créer les solutions de transports et de chauffage plus économiques.
Les collectivités doivent tenir leur rôle dans le développement de transports collectifs dans les campagnes.
Nous attendons des annonces fortes du Président de la République Mardi prochain, pour redonner du pouvoir d’achat aux classes moyennes. 
Depuis plus d’un an maintenant, je me bats pour que la Meuse mette en avant ses atouts afin de re-dynamiser son économie, mais aussi pour plus de justice fiscale et d’équité territoriale. J’ai lutté contre la fermeture des collèges, pour l’extension des zones de revitalisation rurales, pour que nous ne soyons pas pénalisés par le projet Cigéo qui pour l’instant n’a pas été porteur du développement promis, pour le développement d’infrastructures routières pour faciliter le quotidien, pour réformer la fiscalité agricole et redonner aux agriculteurs les moyens de sécuriser leur revenu.
Il faut agir de toutes parts pour que la France, qui reste une grande puissance économique, demeure le creuset non seulement de la liberté, mais aussi de l’égalité et de la fraternité.