Question orale sans débat n° 1190 de Mme Émilie Cariou à M. le ministre des solidarités et de la santé sur l’attractivité des filières du soin, sur les personnels intervenant auprès des personnes âgées notamment en établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes (Ehpad) et en services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) et sur la situation de la Meuse.

La situation sanitaire a mis sur le devant la situation du soin à domicile et du soin auprès des personnes âgées dépendantes, notamment dans les Ehpad. Particulièrement affectés par la crise de la covid-19, les personnels du secteur privé comme du secteur public se sont particulièrement mobilisés, et l’extrême de la situation fait craindre une perte sans précédent en termes d’effectifs, avec une chute des vocations nouvelles comme une accentuation des départs du secteur des personnels concernés. Mme la députée souhaite ainsi être informée sur les politiques publiques menées par M. le ministre pour maintenir dans le secteur des professionnels, aides-soignants, infirmiers, médecins, particulièrement éprouvés par la crise et risquant d’abandonner le secteur. Elle souhaite aussi être renseignée sur le travail mené par le ministère pour disposer de nouveaux professionnels compétents, en actionnant le levier de la formation initiale comme continue. En lien avec les services de l’éducation nationale comme du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, elle l’interroge sur les actions menées nationalement, les moyens affectés pour ce faire, et leur déploiement en Meuse, comparativement aux départements voisins et des départements comparables. Par ailleurs, elle s’interroge sur la simplification et la transparence de l’action publique. Elle interroge M. le ministre sur les actions menées récemment par ses services, le cas échéant avec d’autres ministères, pour mieux coconstruire avec les conseils départementaux de façon générale et en particulier celui de la Meuse. De même, elle interroge M. le ministre sur l’évaluation comparative et le contrôle de l’effort des collectivités, tant la région Grand Est que le département de la Meuse, selon leurs obligations et compétences, pour soutenir les personnels dans cette branche d’activités. Elle l’interroge de plus sur les primes versées aux professionnels du soin en lien avec la période covid-19. Elle loue bien sûr les soutiens accordés mais elle constate de fortes disparités selon que les personnels soient en établissement public, en SSIAD ou salariés directement par les personnes aidées. Elle souhaite connaître les évaluations faites par le ministre et ses services pour estimer les risques de départs dans certains secteurs à raison d’aides mal réparties, et ses actions menées ou à mener pour lutter contre une déstabilisation qui résulterait de départs massifs des effectifs concernés. Elle appelle également son attention sur les politiques d’aides générales à destination des professionnels du soin. Elle souhaite notamment connaître le bilan de la prime d’activité depuis le début du quinquennat chaque année, à échelon national mais également de la Meuse, concernant l’allocation de cette prime aux personnels soignants notamment les aides-soignants et les infirmiers qui peuvent y avoir accès. Les rémunérations moyennes des aides-soignants et des infirmiers en début de carrière semblent en effet permettre aux personnes concernées d’avoir leurs rémunérations soutenues. Si ce dispositif n’est pas en lui-même suffisant, il convient de bien identifier en quoi il a déjà soutenu le secteur, autant à échelon national que dans la Meuse. Par ailleurs, la proximité de la Belgique y attire nombre de prises en charge tant pour les personnes en situation de handicap que pour les personnes âgées et y déplace l’offre, avec les professionnels la suivant et accentuant le départ de professionnels formés depuis la Meuse. Le Luxembourg propose de façon moyenne des rémunérations bien plus élevées, accentuant cette même volatilité. Elle souhaite enfin être informée des politiques de coopération avec ces voisins et en particulier la Belgique et le Luxembourg pour maintenir l’attractivité comparée du territoire de la Meuse pour ces soignants et sur l’impact du zonage « zone de revitalisation rurale » en France et en Meuse à destination des professionnels du soin. S’il n’est pas suffisant et idéal, ce dispositif d’exonérations fiscales et sociales a eu au moins le mérite d’exister, et Mme la députée a poussé personnellement pour sa prolongation, en loi de finances 2018 comme en projet de loi de finances 2021. Elle lui demande de bien vouloir lui apporter des précisions sur ces sujets.

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